L’implémentation Du Transport Multimodal En Afrique Centrale : Mythe Ou Réalité ?

Le transport n’a-t ’il pas toujours été multimodal ? De façon générale, n’a-t ’on pas toujours emprunté au moins deux modes de transports différents successifs, voire trois ? Rail-route, rail-route-air…

Lorsque l’on procède à l’analyse des mutations règlementaires et technologiques, intervenues dans le secteur du transport en Afrique Centrale, l’on est amené à conclure que le transport a toujours été techniquement multimodal.

En avant-garde des autres régions, la CEMAC a réussi à régir le transport multimodal dans son espace, en adoptant un code avec des solutions pragmatiques à toutes les problématiques liées au transport multimodal, là où la communauté internationale, peine toujours à mettre en place une règlementation.

Il est pourtant important de procéder à une évolution du cadre règlementaire du transport multimodal en Afrique Centrale, au travers d’une harmonisation plus poussée et l’utilisation de la Convention Inter Etats UDEAC/CEMAC.

En effet, nos corridors et plateformes de transports, sont dans un état consternant. Ils ne sont pas toujours en bon état, voire correctement entretenus. De plus, s’agissant plus spécialement de nos plateformes portuaires, elles sont bien souvent peu attractives, à comparer à celles des autres pays de la Côte Atlantique d’Afrique.

Les problèmes de congestions insolubles dans nos ports, ajoutés à la lenteur des process et les tracasseries en tous genres sur nos corridors, ne sont pas pour faciliter le flux des échanges dans notre sous-région, obligeant les pays de l’Hinterland comme la RCA et le Tchad, à se retourner vers d’autres pays comme le Bénin et le Soudan.

N’est-t ’il donc pas indiqué de finaliser la mise en place d’un observatoire de veille, doté de pouvoirs presque supra nationaux, sur l’état de nos corridors et plateformes, afin de les rendre plus compétitifs et attractifs ?

Ceci permettrait sans nul doute, à faire du port de Kribi pour la sous-région, la plus grande plateforme sur la façade Atlantique de l’Afrique.

Nos opérateurs mais aussi nos Etats, se doivent de prendre des dispositions importantes, pour participer à la structuration de ce type de transport.

 Il devra adopter un régime douanier spécifique pour les marchandises, et fiscal pour les opérations de transport multimodal.

Ce transport multimodal suppose à n’en point douter, l’implication réelle des opérateurs économiques et des Etats, au travers notamment de la création et du développement d’infrastructures complémentaires telles que les lignes ferroviaires, les routes continentales, les lignes fluviales, ainsi que l’adaptation de la règlementation de la chaîne logistique aux innovations et à la digitalisation des opérations.

Les leviers majeurs suivants de développement du transport multimodal, doivent par conséquent être améliorés ; au nombre desquels :

  • Les infrastructures, la technologie, la qualité des services, la logistique, la sécurité
  • L’intermodalité et les partenariats induisant une forte connectivité, qui permet d’éviter toute rupture de charges dans la chaîne de transport
  • La Data Management et la Business Intelligence
  • La territorialité économique faisant des territoires, de véritables partenaires stratégiques dans le développement des transports, et constituant une opportunité cruciale de développement économique
  • L’utilisation du droit avec harmonie, dans la recherche constante des équilibres

Le secteur des transports se doit par conséquent, de consacrer une part importante de ses investissements, dans les systèmes de gestion de l’information et en faire un levier important d’exploration et d’exploitation des informations, à des fins stratégiques et au service de la compétitivité des services de transport.

La bonne gouvernance maritime, et le développement de l’économie bleue dans le Golfe de Guinée, commandent des actions globales et concertées, cohérentes et adaptées, tenant le plus grand compte des liens et interactions conséquents, entre la sureté maritime et l’essor économique, et la sécurité.

Le Golfe de Guinée, recèle de très importantes ressources, dont l’exploitation efficiente et structurée aura pour conséquence d’accélérer le bien-être des populations et assoir le développement durable des Etats.

En substance, il est impératif de :

  • Instituer un observatoire de veille, sur l’état de nos corridors et plateformes de transport, afin de les rendre plus compétitifs
  • Opérer une transformation structurelle du transport routier, en adoptant un fonctionnement selon le principe d’optimisation des coûts, en procédant à la protection des intérêts des chargeurs, en respectant les lois et règlements en vigueur, notamment…
  • Adopter un contrat type, couvrant les différents modes de transports susceptibles d’être employés, l’utiliser comme contrat de transport, mettre l’accent sur les obligations de sureté et de sécurité, imposer une responsabilité pleine pour le transporteur ne respectant pas les limites du chargement, développer des corridors couvrant différents types de transports, développer des ports secs et des plateformes logistiques, développer la digitalisation, développer un secteur bancaire et d’assurance performant, adopter une fiscalité commune du transport.

Tout ceci dans le cadre d’une règlementation revisitée du transport multimodal.

LE TRANSPORT MULTIMODAL EST UNE REALITE

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