Pour faire réussir son « Belt & Road initiative (BRI) », rien de tel pour la Chine que d’en faire comprendre son utilité aux partenaires. Illustration à l’endroit des pays africains.

On peut dire sans exagérer que, du 25 au 27 avril dernier, la Chine a mis les petits plats dans les grands pour à la fois convaincre et rassurer l’Afrique sur l’impact de son initiative dite « de la nouvelle route de la soie ». De fait, au 2e Forum de coopération internationale Belt & Road, elle a convié pas moins de 5 000 participants représentant plus de 150 pays et 90 organisations internationales. L’événement a par ailleurs réuni à Pékin près de 40 chefs d’État ou de gouvernement.

Une initiative « vitale pour le développement des pays africains »

« L’initiative Belt & Road est le programme de coordination des investissements dans les infrastructures le plus grand de toute l’histoire de l’humanité », s’enflamme l’intellectuel indo-américain Parag Khanna. « L’Afrique ne sera jamais la nouvelle usine du monde parce qu’avec l’essor de la robotique il n’y aura plus besoin de main-d’œuvre nombreuse. Ce dont l’Afrique a besoin, ce sont des infrastructures au service de l’économie pour permettre aux populations de se déplacer librement sur le continent pour travailler. Et ils ne pourront jamais le faire sans routes. »

« Jusqu’à la fin de la guerre froide, la seule option pour les pays était d’accepter les investissements ou l’aide de l’Europe et des États-Unis ou bien de l’Union soviétique. Nous sommes désormais dans un environnement où les pays ont davantage de choix dans les financements avec l’initiative Belt & Road. Les États peuvent également décider par eux-mêmes de ce qu’ils font. C’est une bonne chose ».

Surtout que la montée de l’endettement des pays africains alimentée par les nombreux prêts accordés par les Chinois ne serait plus un problème. « La dette est un problème global. Il ne faut pas confondre le problème de la dette mondiale avec des questions pouvant être liées à certains projets de BRI », a précisé lors du forum António Guterres, le secrétaire général de l’ONU. Et d’ajouter : « Nous considérons le BRI comme le projet le plus pertinent au monde à l’heure actuelle, dans le contexte de la coopération Sud-Sud, qui contribuerait à une mondialisation plus juste, qui est le meilleur moyen d’avoir un avenir de prospérité partagée entre les différents pays du monde. »

Quoi qu’il en soit, à Pékin, plusieurs d’entre eux dont le Russe Vladimir Poutine, le Kazakh, Nursultan Nazarbayev, l’Égyptien Abdel-Fattah al-Sisi, le Chilien Eduardo Pinera, le Malaisien Mahathir Mohamad, le Pakistanais Imran Khan ainsi que le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, ont pris la parole. Mais c’est la présence du Premier ministre italien, Guiseppe Conté, qui était la plus commentée et mise en évidence par le pouvoir chinois. « Tant que nous travaillerons ensemble pour nous entraider, même à des milliers de kilomètres de distance, nous serons certainement en mesure de trouver une route bénéfique pour toutes les parties dans un partenariat gagnant-gagnant », a souligné dans son discours, le vendredi 26 avril, le président chinois Xi Jinping.

Pékin multiplie les contacts pour nouer des alliances

Un appel à la coopération lancée à l’ensemble de la planète par le chef de l’État chinois en pleine tension entre Washington et Pékin. Car presque au même moment, alors que les discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine semblaient aboutir à un accord entre les deux puissances, le président américain Donald Trump menaçait dans une déclaration surprise, le 5 mai 2019, d’augmenter les tarifs douaniers américains de 10 % à 25 % sur des produits chinois représentant une valeur de 200 milliards de dollars.

Face à l’intransigeance américaine, Pékin multiplie les contacts pour nouer des alliances. Proposée par Xi Jinping en 2013, la BRI a ouvert un nouvel espace économique mondial, s’étendant en moins de six ans d’Asie à l’Europe, à l’Afrique, aux Amériques et à l’Océanie. Plus de 150 pays et organisations internationales ont signé des documents de coopération BRI avec la Chine. De 2013 à 2018, le volume des échanges entre la Chine et ses partenaires a dépassé, selon Pékin, les 6 000 milliards de dollars et les investissements chinois dans ces pays sont supérieurs à 90 milliards de dollars. Durant cette période, jusqu’à 1 800 chantiers de routes canaux, lignes de chemin de fer, ports et de zones industrielles ont été lancés. L’initiative aurait également permis la création de 300 000 emplois sur le tracé de la nouvelle route de la soie. D’après des projections de la Banque mondiale, les projets d’infrastructure et de transports routiers financés dans le cadre de la BRI augmenteraient la croissance du PIB des pays participants de 3,35 %.

Même des Américains sont envieux ! « Il est clair que nous, les États unis, n’avons rien de comparable. Nous devons reconnaître que nous devons en faire davantage pour être une puissance plus visible dans le monde et avec plus d’impact », a reconnu lors de ce forum David Rubinstein, l’un des cofondateurs du fonds d’investissement du géant américain Carlyle !

Un discours qui tranche avec celui de Donald Trump. Mais l’avantage de Xi Jinping est fragile. Des projets BRI sont contestés et des pays réclament un partage plus équitable des retombées de ces chantiers. Sept « pays-clients » de la Chine ont dénoncé ou renégocié leurs projets. Et les déboires du Sri Lanka avec son port-aéroport d’Hambantota, qui reste désert en pleine jungle. Faute de payer les traites, Colombo s’est vu déposséder pour 99 ans par Pékin de cet outil à 1,3 milliard de dollars. Une réalité que, pour sûr, au-delà de la pression amicale chinoise, les pays africains observent avec intérêt.

Source : lepoint.fr

BRI : Branque des Règlement Internationaux

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