La relance de l’économie comme impératif


La crise sanitaire du nouveau coronavirus a plongé les économies du monde dans l’impasse, entraînant les Etats à faire preuve d’ingéniosité pour se réinventer et survivre. En Afrique, même si certains pays ont montré une résilience face au choc de la Covid-19, il reste que le défi actuel pour tous est de remettre les économies sur les rails. Et dans cette dynamique, le Gabon n’est pas en reste. Le défi de la relance économique est réel et apparaît comme une urgence pour le pays d’Ali Bongo Ondimba. Le gouvernement propose le Plan d’accélération de la transformation.

Après une année 2020 catastrophique pas seulement d’un point de vue sanitaire, au regard des milliers de morts causés par le nouveau coronavirus, mais également en raison du ralentissement de l’activité économique mondiale, l’heure est à la reprise. Mieux à la relance !

Le principal défi du gouvernement Ossouka Raponda, dit gouvernement de la relance, consiste à ramener la croissance entre 2 et 3% en 2021. Et pour le Premier Ministre gabonais, il faut impérativement faire redécoller les activités économiques, en dépit de la forte contrainte budgétaire. Et c’est peu de le dire. Le Gabon a, en effet, connu un triple choc lié à la chute mondiale de ses principaux produits d’exportation, à la baisse des cours de produits de base et au ralentissement de certaines activités au niveau national en raison de la crise sanitaire. Conséquences : le Produit intérieur Brut s’est contracté d’environ 5 points par rapport à 2019, les recettes d’exportations et le budget de l’Etat sont en repli et la contraction de l’activité hors pétrole a entraîné une baisse des recettes budgétaires de 4 points.

Pour amorcer la relance, l’équipe gouvernementale propose un Plan d’accélération de la transformation décliné en trois pivots principaux, à savoir : le pivot économique, dans lequel les secteur forêt-bois et agriculture sont considérés comme les nouveaux piliers. Un pivot catalyseur de croissance grâce auquel les autorités vont booster la politique d’investissement en mettant à niveau les routes, les infrastructures logistiques et celles de production d’énergie et d’eau. Et un dernier pivot axé sur des questions sociales qui devra guider l’action du gouvernement à renforcer l’efficacité des services publics, en créant un nouveau dispositif d’accompagnement à l’employabilité et à l’autonomisation des jeunes.

Ces trois grands piliers sont soutenus par douze batailles qui vont de la diversification économique en passant par le bien-être social des populations à l’assainissement des finances publiques.

 Pour parvenir à l’accélération des réformes structurelles, il faut selon   la Ministre chargée de l’Economie et de la Relance, Nicole Jeanine Lydie Roboty, réorganiser le cadre institutionnel des secteurs clés que sont : les infrastructures, l’agriculture, le tourisme, l’habitat, l’énergie et le bois. Il faudra donc revoir les projections concernant ces secteurs, en mettant à contribution le secteur privé et en privilégiant les partenariats publics-privés (PPP). Non sans améliorer le cadre des affaires à travers la promotion des investissements directs étrangers. Côté Etat, les investissements doivent se tabler, selon le Premier ministre, à 4700 milliards de francs pour les trois prochaines années (2021-2023).

Concernant les finances publiques, le Gabon doit optimiser la mobilisation de ses recettes et rationaliser ses dépenses.

Aussi, les secteurs définis comme prioritaires par le gouvernement, peuvent-ils apparaître comme des niches de croissance durable et inclusive, capable de transformer en profondeur l’économie gabonaise.

L’agriculture par exemple représenterait désormais entre 3,8% et 5% du Produit intérieur brut (PIB). Les investissements d’Olam dans le secteur ont également permis la création de près de 10 000 emplois supplémentaires depuis 2010. Le secteur a montré une certaine résilience durant la crise sanitaire avec des initiatives comme le programme “Gabon Famille Verte” qui a pour objectif d’ancrer au sein du noyau familial l’importance du retour à la terre et vise à encourager les familles à produire leurs propres légumes à domicile afin d’améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle. Selon des chiffres du Ministère de l’Agriculture, le programme a déjà mobilisé plus de 8000 foyers engagés dans la production maraîchère à domicile.

Un autre secteur qui se distingue grâce à sa contribution au PIB est celui du bois.   Selon un rapport d’experts commis par le gouvernement pour réfléchir sur la stratégie de relance économique post-Covid, cette contribution est passée de 2,9% en 2016 avant de se stabiliser à 3,3% en 2019 pour une valeur ajoutée estimée à 321,5 milliards de francs CFA. Le Gabon est aujourd’hui le premier exportateur africain de feuilles de placage et de contreplaqués.  Sur le plan social, la filière forêt bois reste le premier employeur du secteur privé, avec plus de 27 000 emplois directs et indirects en 2019.

Mais les autorités gabonaises devraient poursuivre et accélérer les réformes dans ces différents secteurs. A travers la concrétisation de projets porteurs. Et l’un des plus emblématiques au Gabon en matière d’infrastructures, est certainement celui de la Transgabonaise, considéré comme l’un des plus grands chantiers routiers du président Ali Bongo Ondimba après la route Port-Gentil – Omboué. Cette route, dont les travaux ont officiellement été lancés en septembre 2020, traverse le pays d’est en ouest sur 780 km et est prévue s’achever d’ici 2023.

Les secteurs du tourisme, de l’énergie et de l’habitat ne sont pas en reste dans cette stratégie qui a pour ambition de rendre plus concrète la diversification de l’économie gabonaise.

Et toutes ces réformes qui sous-tendent le développement économique du pays, devraient intégrer l’impératif écologique qui est pour le Président Ali Bongo Ondimba, un objectif prioritaire du Gabon pour les dix ans à venir.

Source : La Rédaction

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