Destination Gabon : Le Tourisme Puissant Vecteur De Croissance Economique…

Dès 2017, l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme), a indiqué une augmentation de plus de 7% de touristes dans le monde, ce qui a représenté près de 1,3 milliard de visiteurs internationaux qui ont séjourné au moins une nuit sur place.

Pour l’Afrique, le nombre de touristes pour cette même année 2017, a augmenté de 8% en rapport à l’année 2016, pour représenter 62,4 millions de visiteurs.

 Bien que l’Afrique ne représente qu’à peine 5% du nombre total de touristes dans le monde, le secteur du tourisme y a d’ores et déjà généré plus de 7,7 millions d’emplois et cumulé 34,3 millions de dollars de recettes.

Malgré la survenue de la pandémie de la Covid-19, l’OMT fixe ses prévisions à 134 millions de touristes pour l’Afrique en 2030.

Selon le WTTC (Conseil Mondial du Voyage et du Tourisme), il a été estimé qu’en 2016, le secteur touristique représentait à l’échelle mondiale, près de 9% des emplois directs et indirects, soit 1 emploi sur 11 (258 millions), 9,1% du PIB mondial (6 billions USD) et 4,5% des investissements mondiaux (plus de 650 millions USD).

 En tenant le plus grand compte de la pandémie, mais également de la stratégie vaccinale, les prévisions du WTTC portent sur une création potentielle de près de 4 millions d’emplois (dont 40% directs) en Afrique Subsaharienne dans les dix prochaines années.

 LE TOURISME EST PAR CONSEQUENT UN PUISSANT VECTEUR DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE, ne serait-ce que par sa capacité à créer de l’emploi, avec de surcroit la particularité, comparé à d’autres secteurs, d’être un moteur et stimulateur de croissance multisectorielle.

Développer le tourisme, revient à créer un cercle vertueux de croissance économique entre les divers pans d’activités constituant le tissu économique du territoire, entre ses divers acteurs nationaux privés et/ou publics, et les opérateurs et investisseurs étrangers, au travers notamment de :

  • La création d’emplois dans le bâtiment et les travaux publics, pour la réalisation ou le réaménagement des infrastructures de transport (air, mer, terrestre, ferroviaire), la construction d’infrastructures d’hébergement, et l’aménagement du territoire par la création de pôles ou stations touristiques.
  • Dépenses touristiques réalisées in situ, avec les répercutions suivantes :Augmentation de la consommation dans de nombreux secteurs d’activités, notamment les services bancaires et financiers, les assurances, les télécommunications, la restauration, les commerces, les transports, les services médicaux, l’hébergement, et les secteurs de loisirs (activités sportives, ludiques et culturelles) …
  • Augmentation de la production, en fonction du niveau de développement du territoire, par la création de productions locales, l’augmentation des capacités de production pour répondre à une demande croissante, l’agriculture, la pêche, l’artisanat, et avec pour effet croisé, de création d’emplois et de limitation des importations.
  • Augmentation des services dans le tertiaire, avec en prime la création de nouveaux métiers, directement ou indirectement liés à l’activité touristique.

En fonction de la nature des destinations touristiques, et leur degré de maturité, l’on estime entre 50 et 200%, des dépenses touristiques dans le coût payé pour l’hébergement.

La vision de S.E. Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat, à travers le Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE), porte sur la transformation de l’économie gabonaise vers une économie à forte valeur ajoutée reposant, non plus sur l’unique exploitation des richesses du sol et du sous-sol, mais sur les piliers Gabon industriel, Gabon vert, et Gabon des services.

Parmi les secteurs clés identifiés pour la matérialisation de cette haute volonté politique, le Tourisme occupe une place de choix dans le cadre de la mise en œuvre des piliers Gabon vert et Gabon des services.

De surcroit, le contexte actuel de redynamisation de l’économie nationale et de relance post-covid, impose un nouveau mode d’appui au développement, qui accorde une place de choix au secteur du tourisme, dont le but affiché et pleinement assumé, est de désormais contribuer efficacement au Plan de Relance Economique.

Le Gabon est par conséquent conscient de sa trop grande dépendance aux recettes basées sur l’exportation de ses matières premières et de la fragilisation de son économie, en cas de fluctuations baissières des cours des matières premières. La volonté de diversification est donc réelle et certaine.

Pour le PRE 2017-2019, « Le Gabon a pour ambition de devenir la 1ère destination touristique liée au tourisme durable, et le carrefour de l’Afrique Centrale en matière de tourisme d’affaires et d’évènementiels. Le PSGE entend faire du tourisme, un axe important de la diversification de l’économie gabonaise. Pour cela, les segments écotourisme, tourisme d’affaires, et évènementiels, seront développés de façon complémentaire ».

  • S’agissant de l’écotourisme

La vision d’un développement touristique axé sur l’écotourisme est en totale adéquation :

  • D’une part avec les richesses et atouts naturels dont regorge le Gabon, et qu’il convient de valoriser, et
  • D’autre part, avec les nouvelles tendances de consommation des voyageurs à haute contribution, basées sur une forme de tourisme plus « intelligent » et plus responsable que le tourisme de masse.

Opter pour l’écotourisme, revient par conséquent à faire le choix :

  • D’un développement durable par la préservation de l’environnement et la protection des espèces animales et végétales.
  • D’une niche touristique privilégiant la qualité à la quantité

Ce dernier point est particulièrement important, car il est un des éléments clés de l’élaboration des stratégies marketing et commerciales de la Destination Gabon. 

Communément associé au tourisme vert, le terme écotourisme bien que porteur, pourrait néanmoins seul, s’avérer réducteur pour une destination comme le Gabon.

Car en effet, en plus d’une faune exceptionnelle, qui n’a rien à envier à celle du Kenya ou de l’Afrique du Sud, et d’une flore presque à nulle part pareille, le Gabon dispose par ailleurs d’un atout majeur constitué par ces plages de sable, sous un climat équatorial, donc chaud toute l’année.

Une communication axée sur le seul écotourisme, pourrait donc ne pas être suffisamment pertinente.

  • S’agissant du tourisme balnéaire

Il s’agit du mode de tourisme le plus prisé dans le monde, et devant être valorisé par le Gabon.

Forme de tourisme la plus consommée à l’échelle mondiale, le tourisme balnéaire a néanmoins été à l’origine du tourisme de masse, avec son corollaire de dégradation de l’environnement (construction massive, intensive et désordonnée, pollutions, etc)

Pour rester en cohérence avec la protection de l’environnement, il conviendrait de miser sur le développement d’un tourisme balnéaire haut de gamme et élitiste, avec une maîtrise des flux de voyageurs, par le prix.

Ecotourisme et tourisme balnéaire, qui sont deux thématiques extrêmement porteuses en matière de tourisme, devront être associés au même niveau, dans la construction de l’image du Gabon, en tant que destination touristique

  • S’agissant du tourisme d’affaires

Il se décline en deux catégories :

  • Le tourisme d’affaires Individuel, consistant le plus généralement en des déplacements à motif professionnel pour une très large part (son volume est directement lié à l’activité économique du pays et à son dynamisme).
  • Le tourisme d’affaires Groupes, articulé autour d’une industrie des séminaires, de congrès, de conférences, de salons, et d’évènementiels, usuellement appelé le MICE (et dont le volume dépend bien souvent de la facilité d’accès, de la qualité des infrastructures, de la qualité du niveau d’hébergements, etc)

Le MICE, est un complément au tourisme des loisirs, en ce qu’il permet d’optimiser les taux d’occupation des hébergements et donc, le taux de fréquentation globale d’une destination.

Il est un complément de saisonnalité, se déroulant en basse et moyenne saison, à l’inverse du tourisme des loisirs, dont la demande culmine en haute saison.

Il est également un complément de durée et de périodicité, intégrant des courts séjours, les mid-weeks, alors que le tourisme des loisirs se déroule généralement en long séjour.

Il convient de préciser que le moteur du développement touristique d’une destination, est le tourisme de loisirs, et le tourisme d’affaires un contributeur.

C’est donc par le tourisme de loisirs, qu’un pays construit son identité de destinations touristiques.

Le Gabon n’est à ce jour, pas réellement connu en tant que destination touristique. Il lui faut donc, pour être reconnu comme tel, qu’il détermine précisément les axes prioritaires de son développement.

QUELLES CONTRIBUTIONS A L’ELABORATION DE LA FEUILLE DE ROUTE POUR UNE MISE EN ŒUVRE OPTIMISEE DU DEVELOPPEMENT DU TOURISME ?

Le nombre estimé de visiteurs au Gabon, oscille depuis 2012, selon plusieurs sources concordantes, entre 90.000 et 130.000, constitués majoritairement de voyageurs d’affaires.

Le Gabon peine donc à démarrer son développement touristique.

En réalité, l’implication multisectorielle du tourisme dans l’économie, est source de complexités. Le développement de ce secteur, dépend de nombreux acteur, et son succès repose sur le niveau d’investissements consentis et la mobilisation coordonnée de tous ces acteurs.

Il s’agit donc de définir l’image et le positionnement de la Destination Gabon, et des marchés à cibler prioritairement.

  • S’agissant de l’image et du positionnement de la Destination Gabon

N’ayant jusqu’à présent jamais exploité son potentiel touristique, et absent auprès des principaux acteurs du tourisme dans le monde, le Gabon n’a pas d’image évidente en tant que destination touristique

Si une telle absence d’image est certes moins pénalisante qu’une mauvaise image, il convient néanmoins de la combler, de la corriger.

Se positionner reviendrait par conséquent à faire des choix, pour une image clairement perçue, en considération de ses points forts. Quels sont-ils pour le Gabon ?

  • Un climat équatorial sans risques naturels majeurs
  • 850 km de côte, avec d’immenses plages de sable
  • Une faune riche et variée
  • Une volonté politique affichée de préservation de la biodiversité, avec la création de 13 parcs nationaux
  • Une implication forte dans la préservation de l’environnement (COP21, 22, 23, …)

Le Gabon devrait par conséquent devenir une destination élitiste et haut de gamme, axée sur un développement touristique durable, et en en ayant créé les conditions. 

Pour amorcer un projet d’une telle envergure, il est fondamental de déterminer la vision globale à long terme, adossée à des modalités de réalisation selon un calendrier d’étapes, fixées sur le moyen terme, tout en mettant en œuvre toutes les actions possibles susceptibles d’être immédiatement engagées (court terme) 

Quels marchés convient-il de cibler prioritairement ?

Il est un secret de polichinelle, que la desserte aérienne, est un facteur essentiel au développement touristique d’une destination comme le Gabon, et de son ouverture à de nouveaux marchés émetteurs de tourisme.

La construction du nouvel aéroport, permettra assurément de palier certaines impérities actuellement observées, bien que l’aéroport de Libreville, ait été primé en tant qu’aéroport le plus sûr de la Zone CEMAC.

En plus des marchés traditionnels et naturels, émetteurs de touristes vers le Gabon, à savoir les pays d’Europe Francophone dont la France et la Belgique, il conviendrait de cibler le marché chinois.

Il ne s’agit certes pas d’un marché naturellement captif, du fait de la barrière de la langue, de la distance géographique, du décalage horaire, mais il serait judicieux de travailler au plus vite ce marché.

Il semble constant que les chinois, portent un intérêt à l’observation des animaux sauvages, notamment. L’OMT indique que 138.000 touristes chinois ont visité le Kenya en 2017.

L’Afrique du Sud quant à elle, a ouvert dès 2016, 7 antennes consulaires en Chine, afin de faciliter la délivrance des visas, ce qui a eu pour conséquence d’augmenter de 93%, le nombre de touristes chinois avec des pics mensuels de 10.000.

La cible chinoise est par conséquent en adéquation avec le positionnement suggéré du Gabon sur le haut de gamme et la thématique faune sauvage, et les potentialités en terme de revenus, énormes, sans compter l’effet mécanique d’attractivité des investisseurs.

Mais pour cela, il faut assurer la promotion de la Destination Gabon.

La promotion touristique d’un pays, est généralement assurée par un Organisme d’Etat, sous la tutelle du Ministère en Charge du Tourisme, doté de moyens en cohérence avec les enjeux touristiques, permettant notamment l’ouverture de représentations dans les capitales des pays émetteurs ou/et potentiellement émetteurs de touristes vers le territoire.

Il est souhaitable que le cadre règlementaire et institutionnel permettant une telle pleine efficience, soit affiné.

Il aurait pour corollaire ou/et contrepartie, de fixer et assumer clairement des objectifs à atteindre, au travers d’un plan annuel et pluriannuel d’actions à mener, avec des indicateurs de performance bien évidents, et des moyens en rapport (moyens humains, formations, logistiques, financiers, infrastructurels, etc)

En outre, certaines idées d’actions, pourraient booster la promotion touristique de la Destination Gabon, au nombre desquelles :

  • La participation active avec des bons niveaux de représentation globale, à des salons professionnels et/ou grands publics internationaux, immédiatement porteurs pour le Gabon.

Il s’agira d’y compter un personnel qualifié, apte à promouvoir la destination, communiquer, enregistrer les contacts, pour un suivi post-salon efficace.

Il s’agira également d’y mettre en œuvre, les actions d’accroissement de visibilité les plus pertinentes, conviant notamment la presse professionnelle…

  • L’organisation à Libreville, d’un congrès annuel des professionnels du tourisme et agences de voyage
  • Le développement de la notoriété du Gabon, au travers d’évènements sportifs, d’émissions de télévision et d’encarts dans les grands médias internationaux.

Quelles gammes de produits offrir ?

La Destination Gabon est riche sur le plan touristique :

  • 13 parcs nationaux préservant une biodiversité végétale et animale riches en espèces, dont certaines rares (tortues luth, gorilles, hippopotames …)
  • Des plages naturelles de sable sur l’Océan Atlantique, qui permet la pratique de certains sports (surf, planche à voile, voile, pêche au gros…)
  • Des chutes d’eau et ponts de lianes (Poubara notamment)
  • Des torrents où pratiquer les sports en eau (rafting…)
  • Des fleuves navigables, dont l’Ogooué
  • Le village des tailleurs de pierres de Mbigou
  • Etc …

L’offre-produit doit véritablement être au cœur des réflexions, pour l’élaboration de la politique générale du tourisme et de son plan stratégique de mise en œuvre, tenant le plus grand compte de :

  • Patrimoine naturel
  • Patrimoine culturel
  • Infrastructures d’hébergement
  • Infrastructures dédiées aux sports et loisirs, à la santé et au bien-être

En substance, les thématiques les plus porteuses pour le Gabon, sont les suivantes :

  • L’observation des animaux et les safaris photos
  • Les plages
  • Les traditions et la culture, en rapport avec les spécificités identitaires de chacune des 9 provinces
  • Le sport à haute contribution, dont la pêche au gros
  • Les croisières fluviales avec cabines de couchage et restauration

Les activités déclinées autour de ces thématiques, ont vocation à être menées par des acteurs privés, souvent des PME. Il est souhaitable dans ce cas, que l’Etat puisse accompagner ces PME, soit par une aide à l’investissement si l’activité requiert des équipements, soit au travers des mesures d’aides fiscales.

Afin d’optimiser la performance économique de la destination et ses opérateurs locaux, il est indispensable de penser et de concevoir l’offre touristique, de manière à générer le plus de revenus in situ, en privilégiant les séjours à la carte, au détriment des packages.

Il resterait la cruciale problématique de la commercialisation de la Destination Gabon

Il serait souhaitable, avant de lancer une commercialisation, d’attendre la mise en œuvre des différents chantiers d’amélioration de l’offre, dans l’objectif d’un développement touristique.

Néanmoins, même si l’offre existante est quelque peu faible, et que l’environnement global touristique comporte des défauts, et ne correspond pas encore aux standards souhaités, il est opportun de lancer d’ores et déjà la commercialisation  de la Destination  Gabon, en :

  • Informant les professionnels du tourisme européens et mondiaux, que le Gabon est en train d’œuvrer pour se positionner en destination touristique de poids sur le continent.
  • Créant une dynamique du secteur local, avant le déploiement d’un développement structuré et structurant

Eu égard au fait qu’une commercialisation à court terme ne peut être basée que sur l’existant, il est capital d’opter pour la prudence en limitant l’offre proposée. Il s’agira de procéder à une sélection rigoureuse des sites et prestations, pour leur rapport qualité-prix, et des partenaires, pour leur sérieux et fiabilité, ce d’autant plus qu’un dysfonctionnement, une défaillance de prestataire, ou même ou mauvaise qualité de l’offre, pourrait nuire à l’image de la destination.

Pour se faire, un carnet d’adresses important est souhaitable.

Pour prendre sa place, toute sa place de destination balnéaire haut de gamme, le Gabon a besoin d’une 1ère station balnéaire, idéalement construite dans un rayon de 30 à 50 km de Libreville, afin qu’elle reste facilement accessible depuis l’actuel aéroport.

Cette station pourrait être réalisée dans un concept haut de gamme et éco-durable, avec des constructions intégrées à l’environnement, conçues pour être le moins énergivores possibles et à consommation d’énergies propres, de type solaire notamment.

Les parkings pourraient en être excentrés, afin de limiter la nuisance visuelle, le reste du trajet permettant l’accès à la station, s’effectuant en navette électrique avec chauffeur (pas d’émission de CO2).

 Une station balnéaire sans voitures, avec des hébergements diversifiés (grand luxe, luxe et grand confort), respectueux de l’environnement par leur architecture et leur consommation d’énergie !!!

L’annonce d’un tel projet, puis sa réalisation permettrait de créer l’évènement à l’échelle internationale, attirer les investisseurs, et positionner le Gabon en fer de lance de l’écotourisme.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *