Le secteur bancaire promeut la transition de l’Afrique vers une finance verte

Le secteur s’est engagé sur un montant de 1 milliard de DH pour l’émission de Green Bonds. Une ligne de financement de 35 millions d’euros est accordée à BMCE Bank of Africa. Une feuille de route est en cours de préparation pour aligner le marché financier sur une économie verte.

Les banques marocaines soutiennent le verdissement bancaire. C’est en ces termes que s’est exprimé Othmane Benjelloun, en sa qualité de président du GPBM lors du Forum international sur les marchés financiers verts en Afrique, organisé le 12 octobre dernier à Casablanca par BMCE Bank of Africa en partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), sous le thème : « Soutenir l’émergence d’un marché financier vert en Afrique ». En effet, à quelques jours de la tenue de la COP22, le secteur bancaire s’est engagé sur un montant de 1 milliard de DH pour l’émission de Green Bonds, la mise à la disposition de la clientèle de lignes de financement liées à l’efficacité énergétique, cela en plus d’autres lignes de gestion de l’eau et de valorisation de matières résiduelles.

A cet effet, la BERD, la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence française de développement (AFD) ont octroyé à BMCE Bank of Africa et à sa filiale Maghrebail, un prêt de 35 millions d’euros. C’est une ligne supplémentaire accordée dans le cadre du mécanisme de financement pour l’énergie durable au Maroc, MorSEFF, destinée à encourager les investissements dans l’énergie durable par l’intermédiation d’institutions financières. A travers ce partenariat, la banque devra rétrocéder des fonds à des PME, mais aussi à de grandes sociétés industrielles et commerciales. En outre, elle devra mener des campagnes de sensibilisation à destination de ses clients par la promotion de technologies contribuant à l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables.

Les banques centrales doivent apporter leur appui

Donc, force est de constater que le Maroc est réellement engagé pour l’instauration d’une finance verte en Afrique. Encore faut-il que toutes les parties concernées soient conscientes de l’enjeu que revêt ce marché africain vert. C’est dans ce sens qu’Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, a précisé que toutes les composantes du marché financier africain sont appelées à relever le défi. Il est donc question de développer un marché des capitaux verts en émettant des Green Bonds, et en mettant en place des produits d’épargne verts. Selon lui, « les banques centrales doivent apporter un appui déterminant à travers des mécanismes de financement des entreprises qui opèrent dans le développement durable, l’assouplissement de règles prudentielles qui devraient régir ces obligations vertes, l’accompagnement des PME pour la notation sociale et environnementale et la définition d’une cartographie du risque carbone tant aux investisseurs qu’aux organismes financiers ». Une transparence et une discipline du marché sont également souhaitables. En plus de cela, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer dans la promotion d’un gisement de produits verts en utilisant des leviers fiscaux et des mécanismes de garantie des produits verts. Tout cela ne peut se faire sans la contribution des différents pays et sans un effort d’adaptation. En effet, « renforcer les capacités, innover et surtout adapter les technologies au changement climatique restent des conditions sine qua none pour la transition de l’Afrique vers une économie durable », insiste Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental et du Conseil scientifique COP22, sachant que 15% des financements vont actuellement à l’adaptation. L’objectif à terme est d’atteindre 50%. Il faut savoir qu’un engagement d’un montant de 100 milliards de dollars a été pris pour les pays en développement en vue de les accompagner à atteindre les objectifs de la COP21. Ce montant devrait être révisé cette année.

En tout cas, le Maroc est déjà en train de mettre en place une feuille de route pour aligner le marché financier sur une économie verte. D’ailleurs, la Bourse de Casablanca et l’AMMC sont impliquées dans le développement d’un marché des capitaux verts. « Six places financières sont prêtes à s’engager avec nous dans ce processus de transformation, et ce via un accord que nous devrons signer le 16 novembre prochain », ajoute M. Baraka. Quoi qu’il en soit, « la promotion de la finance verte et en son sein le green banking est tributaire d’un volontarisme politique », a souligné M. Benjelloun qui n’a pas manqué de préciser que le thème du prochain symposium s’articulera autour du verdissement de l’assurance africaine, ou encore « creating green insurance in Africa ».

Source: http://lavieeco.com

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