Au cœur de la crise, l’appétit des investisseurs pour la finance verte grandit significativement


L’engouement des investisseurs pour la finance climat notamment pour son volet social s’est accru à la faveur de la pandémie de covid-19 qui frappe actuellement le monde.

La Banque nordique d’investissement (BNI) a levé 1 milliard € comptant pour une dette sociale, la semaine dernière afin de faire face à la crise. Elle a été suivie par la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Conseil de l’Europe qui ont également levé 1 milliard € chacun sous la même forme et aux mêmes fins. La Banque africaine de développement (BAD) pour sa part, a émis 4,3 milliards $ d’obligations sociales toujours pour faire face à la pandémie.

« L’appétit ne se dément absolument pas, au contraire, il se renforce », a affirmé Frédéric Gabizon, le responsable du marché obligataire à la HSBC France, rappelant à Money Talk, la levée de 1,25 milliard € d’obligations par la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) il y a quelques jours.

Jusque-là, les obligations sociales étaient plutôt assez marginales au sein des instruments financiers durables. Elles ont permis en 2019, la mobilisation de 13,95 milliards $ contre 216,7 milliards $ pour les obligations vertes consacrées à l’environnement.

Pour Isabelle Mateos y Lago, directrice adjointe du département en charge des institutions souveraines à BlackRock, les investisseurs profitent de l’ampleur de la crise actuelle pour effectuer une diversification massive de leurs portefeuilles au profit d’instruments plus performants. « Plusieurs études montrent que les stratégies axées sur la durabilité ont connu une performance supérieure, ces derniers temps. Ces actifs ont donc passé le test avec succès. La crise provoque une telle dislocation dans les marchés que beaucoup d’investisseurs se disent que c’est le moment idéal pour tout remettre à plat dans leurs portefeuilles et ajouter davantage d’actifs répondant aux normes environnementales, sociales et de gouvernance », a-t-elle confié.

Si selon les experts, l’ampleur de la crise actuelle ne permet pas encore de tirer des conclusions définitives sur les futures orientations des marchés financiers, il est cependant certain que le moteur du changement est enclenché et que le monde financier s’est trop avancé pour revenir en arrière.

Source : Agence Ecofin

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